En arrivant au Kremlin en 2000, Vladimir Poutine avait promis d'instaurer en Russie la " dictature de la loi ". L'ancien agent du KGB s'engageait à mettre fin à la corruption, à ramener à la raison l'irrédentisme tchétchène, à offrir à chaque citoyen un niveau de vie décent... Mais s'il y a bel et bien une dictature en Russie, c'est celle exercée par un pouvoir impitoyable qui ne se soucie de la loi que lorsque cela l'arrange, explique Anna Politkovskaïa dans cette bouleversante chronique d'un pays à la dérive. Au fil des jours, la journaliste de la Novaïa Gazeta, l'un des derniers organes de presse indépendants, dresse un constat terrible de la " poutinisation ". Loin d'être pacifiée, la Tchétchénie demeure plus que jamais une zone de non-droit. La " verticale du pouvoir " écrase toute opposition digne de ce nom, n'hésitant pas à truquer grossièrement les élections. Sur la totalité du territoire, une bureaucratie corrompue pille les citoyens. Au sommet de ce système " néosoviétique ", un homme : Vladimir Poutine. Combien de temps encore la population, apeurée et désespérée, va-t-elle se laisser faire ? Si révolution il y a en Russie, elle ne sera ni rose comme en Géorgie, ni orange comme en Ukraine. Elle sera couleur rouge sang, prédit Anna Politkovskaïa.
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La Seconde Guerre mondiale dans le discours politique russe
- 192 Seiten
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La 4e de couverture indique : « La propagande officielle russe présente la victoire soviétique dans la Seconde Guerre mondiale comme un élément fondateur de l'identité russe actuelle. La victoire soviétique, très présente dans la mémoire populaire, est détournée à des fins politiques, comme si elle était un gage de la moralité innée du régime Poutine et de son droit à la défense de ses intérêts géopolitiques, y compris l'annexion de la Crimée. Dans ce recueil, d'éminents chercheurs et essayistes français et étrangers analysent différents aspects du discours politique russe face à une réalité bien différente. »
Le soviétisme sans le communisme : telle est la Russie rêvée par Poutine. Après la chute de l'URSS, les Russes sont devenus une puissance régionale pauvre et mal aimée. Poutine a redonné aux Russes la fierté de leur passé soviétique en occultant ses aspects sombres. Depuis quelques années, la Russie organise des célébrations grandioses de la "Grande Victoire" de la Seconde Guerre mondiale, avec des cortèges défilant au son de chants patriotiques, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Ces événements, appelés le Régiment Immortel, mettent en avant des photos de vétérans et des portraits de Staline. Pourquoi célébrer une victoire d'il y a plus de soixante-dix ans ? En réutilisant la victoire contre le nazisme, Poutine a réussi à transformer le peuple russe, vainqueur du Mal, en incarnation du Bien. Cette conscience nationale sacralisée facilite la légitimation des actions du régime, qu'il s'agisse d'agressions contre l'Ukraine et la Géorgie, ou de la répression des libertés. Ce livre met en lumière la folie ultra-nationaliste d'un pays qui embrigade ses enfants et militarise la société. L'auteure, à travers une analyse rigoureuse et un retour sur l'histoire messianique de la Russie, nous alerte sur ces dérives inquiétantes.