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Le Cannibale

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  • 319 Seiten
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Partant de l'histoire du mot "cannibale", inventé par Christophe Colomb, Frank Lestringant montre comment les écrivains et les philosophes du XVIe siècle - Montaigne, en particulier - transforment la figure répugnante de l'anthropophage des Amériques en un modèle positif. Si le cannibale libre et heureux mange la chair de l'adversaire vaincu, cela se produit en raison d'une tradition bien connue et non par appétit ou cruauté. On pourrait même le pardonner à cause de quelques jésuites et colons qu'il a dévorés ! Les prétendus civilisés ont montré une barbarie et une torpeur bien pires. Au XVIIIe siècle, les "intellectuels" des Lumières utilisent le cannibale dans la discussion anticoloniale et anticatholique. À cette époque, sa valeur est également mise en avant : s'il dévore l'homme, chose que l'européen sait faire à sa manière, de formes plus raffinées et, en somme, les plus cruelles, le cannibale n'en arrive pas à dévorer son Dieu. Ainsi, l'Eucharistie est une agression. Mais la "grandeur" du cannibale et son image positive se dégradent à la fin du XVIIIe siècle et surtout au XIXe siècle. C'est la décadence. Et il devient une figure odieuse, satisfaisant un appétit bestial et désordonné, suscitant les délires primitifs d'un Sade ou d'un Flaubert, ce dernier étant inspiré par le cas de la Jangada de la Méduse, dans laquelle l'Occident se mire avec effroi.

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Le Cannibale, Frank Lestringant

Sprache
Erscheinungsdatum
1994
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(Paperback)
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Titel
Le Cannibale
Sprache
Französisch
Verlag
Perrin
Erscheinungsdatum
1994
Einband
Paperback
Seitenzahl
319
ISBN10
2262009937
ISBN13
9782262009939
Reihe
Bewertung
5 von 5 Sternen
Beschreibung
Partant de l'histoire du mot "cannibale", inventé par Christophe Colomb, Frank Lestringant montre comment les écrivains et les philosophes du XVIe siècle - Montaigne, en particulier - transforment la figure répugnante de l'anthropophage des Amériques en un modèle positif. Si le cannibale libre et heureux mange la chair de l'adversaire vaincu, cela se produit en raison d'une tradition bien connue et non par appétit ou cruauté. On pourrait même le pardonner à cause de quelques jésuites et colons qu'il a dévorés ! Les prétendus civilisés ont montré une barbarie et une torpeur bien pires. Au XVIIIe siècle, les "intellectuels" des Lumières utilisent le cannibale dans la discussion anticoloniale et anticatholique. À cette époque, sa valeur est également mise en avant : s'il dévore l'homme, chose que l'européen sait faire à sa manière, de formes plus raffinées et, en somme, les plus cruelles, le cannibale n'en arrive pas à dévorer son Dieu. Ainsi, l'Eucharistie est une agression. Mais la "grandeur" du cannibale et son image positive se dégradent à la fin du XVIIIe siècle et surtout au XIXe siècle. C'est la décadence. Et il devient une figure odieuse, satisfaisant un appétit bestial et désordonné, suscitant les délires primitifs d'un Sade ou d'un Flaubert, ce dernier étant inspiré par le cas de la Jangada de la Méduse, dans laquelle l'Occident se mire avec effroi.