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Britannicus

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  • 126 Seiten
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NERON Narcisse, c'en est fait, Néron est amoureux. NARCISSE Vous ? NERON Depuis un moment, mais pour toute ma vie, J'aime, que dis-je, aimer ? J'idolâtre Junie ! NARCISSE Vous l'aimez ? NERON Excité d'un désir curieux, Cette nuit je l'ai vue arriver en ces lieux, Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes, Qui brillaient au travers des flambeaux et des armes, Belle, sans ornements, dans le simple appareil D'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil. Que veux-tu ? Je ne sais si cette négligence, Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence, Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs, Relevaient de ses yeux les timides douceurs, Quoi qu'il en soit, ravi d'une si belle vue, J'ai voulu lui parler et ma voix s'est perdue : Immobile, saisi d'un long étonnement, Je l'ai laissé passer dans son appartement. J'ai passé dans le mien. C'est là que, solitaire, De son image en vain j'ai voulu me distraire. Trop présente à mes yeux je croyais lui parler, Jamais jusqu'à ses pleurs que je faisais couler. Quelquefois, mais trop tard, je lui demandais grâce : J'employais les soupirs, et même la menace. Voilà comme, occupé de mon nouvel amour, Mes yeux, sans se fermer, ont attendu le jour.

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Britannicus, Jean Racine, Jacques Morel

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Erscheinungsdatum
1995
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Titel
Britannicus
Sprache
Französisch
Erscheinungsdatum
1995
Einband
Paperback
Seitenzahl
126
ISBN10
2080708600
ISBN13
9782080708601
Reihe
Schlagwörter
Beschreibung
NERON Narcisse, c'en est fait, Néron est amoureux. NARCISSE Vous ? NERON Depuis un moment, mais pour toute ma vie, J'aime, que dis-je, aimer ? J'idolâtre Junie ! NARCISSE Vous l'aimez ? NERON Excité d'un désir curieux, Cette nuit je l'ai vue arriver en ces lieux, Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes, Qui brillaient au travers des flambeaux et des armes, Belle, sans ornements, dans le simple appareil D'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil. Que veux-tu ? Je ne sais si cette négligence, Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence, Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs, Relevaient de ses yeux les timides douceurs, Quoi qu'il en soit, ravi d'une si belle vue, J'ai voulu lui parler et ma voix s'est perdue : Immobile, saisi d'un long étonnement, Je l'ai laissé passer dans son appartement. J'ai passé dans le mien. C'est là que, solitaire, De son image en vain j'ai voulu me distraire. Trop présente à mes yeux je croyais lui parler, Jamais jusqu'à ses pleurs que je faisais couler. Quelquefois, mais trop tard, je lui demandais grâce : J'employais les soupirs, et même la menace. Voilà comme, occupé de mon nouvel amour, Mes yeux, sans se fermer, ont attendu le jour.